Poésie et typographie dy hashtag

Le Hashtag #2 Typographie et poésie

Dans un précé­dent arti­cle inti­t­ulé Le Hash­tag #1 Déf­i­ni­tion et fonc­tions, nous avons défi­ni le hash­tag, ten­té de cern­er les usages qui lui sont attachés et ses prin­ci­pales fonc­tions. Aujourd’hui, nous nous intéres­sons à sa gra­phie en nous deman­dant s’il existe une typogra­phie du hash­tag et si l’on peut en faire un usage poé­tique…

 

Existe-t-il une typographie du hashtag ?

Comme le hash­tag com­porte des formes lan­gag­ières, on pour­rait penser que celles-ci sont soumis­es aux mêmes règles typographiques que les entités syn­tax­iques d’une phrase. Mais ce n’est pas le cas, car les usagers ont inven­té d’autres pra­tiques, liées notam­ment à la nature indépen­dante du hash­tag dans la pub­li­ca­tion.

  • Pour faciliter la lec­ture d’un hash­tag com­por­tant plusieurs mots, on peut ajouter une majus­cule au début de chaque mot.

 

  • Le hash­tag peut être inté­gré à la phrase ou placé en fin de pub­li­ca­tion.

 

  • L’ajout de la ponc­tu­a­tion — trait d’union, apos­tro­phe — dans le hash­tag provoque sa rup­ture. En revanche les nom­bres peu­vent en faire par­tie (mer­ci à Lucien Suel pour la pré­ci­sion !).

 

  • Le non-usage des car­ac­tères spé­ci­aux (accent, cédille) est admis dans les hash­tags. Har­monis­er leur usage ou leur non-usage dans une même pub­li­ca­tion peut néan­moins la ren­dre plus agréable à lire.

 

  • La casse et les accents ne changent rien à l’indexation, sauf sur Insta­gram, où votre pub­li­ca­tion appa­raî­tra dans dif­férents fils selon vos choix.

instagram-typographie-hashtag

  • Le hash­tag peut rem­plac­er le gras ou l’italique, lorsqu’il est inté­gré à la phrase (la couleur met en valeur le mot ou groupe de mots, comme le font l’épaisseur du trait ou son incli­nai­son).

 

  • Enfin, en terme de den­sité, le hash­tag s’utilise avec plus de mod­éra­tion sur Twit­ter où l’internaute ne dis­pose que de 140 signes pour s’exprimer.

 

Le hashtag peut-il être poétique ?

Dès lors qu’on détourne le hash­tag de son util­ité pre­mière (archivage, partage, dif­fu­sion, ram­i­fi­ca­tion) on peut créer un décalage intéres­sant, notam­ment avec le média com­men­té. Une écri­t­ure poé­tique du hash­tag est donc pos­si­ble.

  • Une pra­tique courante con­siste à écrire une phrase der­rière le hash­tag. Au lieu d’inscrire la pub­li­ca­tion dans un fil com­mun, on l’individualise, puisque le hash­tag demeur­era unique.

 

  • Au con­traire, une économie de mots, asso­ciée au car­ac­tère indépen­dant du hash­tag, peut lui don­ner un effet styl­is­tique intéres­sant (ci-dessous humoris­tique).

#hell #nopark­ing

Une pho­to pub­liée par Meb (@meb_) le

 

  • Dans cette pub­li­ca­tion, l’effet de symétrie est dou­blé d’une allitéra­tion ampli­fiée, car l’association de sons est accen­tuée dans l’unité du seg­ment.

#toutest­danstoute

Une pho­to pub­liée par Meb (@meb_) le

 

  • Ci-dessous, l’invention d’une gra­phie pour le nom d’un lieu et la répéti­tion de cette gra­phie sous le même hash­tag sin­gu­larise le regard de la per­son­ne sur le lieu.

Har­mo­ny of the seas, mon­stre des mers. #Estaq­gram Une pho­to pub­liée par Jean Seb (@_jeanseb) le

 

Cette grande diver­sité de gra­phies et d’usages du hash­tag est le reflet de la créa­tiv­ité à l’œuvre sur les réseaux soci­aux. Si vous avez observé des pub­li­ca­tions de hash­tags intéres­santes d’un point de vue typographique ou poé­tique, n’hésitez pas en faire part en com­men­taire !

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